• Le plus humble des lieux a son mot à dire dans le monde des couleurs en attente de l'œil perspicace et de la main habile qui saura le saisir.
    L'Inde a le privilège d'avoir pu rencontrer une artiste dotée de ces atouts: Michèle Battut a su relever ce défi en imprégnant les sujets qu'elle peint d'une réelle beauté visuelle d'où émane une force alliée au mystère.
    Tous mes vœux accompagnent le succès de son exposition.
    Indira Gandhi
 Premier Ministre de l'Inde
 New Delhi, Août 1982
  • Dans la recherche multiple de Michèle Battut, je crois discerner une constante : Elle tente d'approcher l'objet au plus près. Les choses la fascinent par leur présence et c'est cette présence têtue, obsédante qu'elle veut capter par sa toile.
    II y a quelques années, des artistes, aux États-Unis et ailleurs, s'étaient avisés de prendre l'objet où il était, avec les mains, et de le transporter, tout nu, tout cru, dans l'œuvre : mais c'était pour le détruire : Michèle Battut, en ne voulant que le peindre, lui donne, au contraire, une étrange puissance affirmative ; elle le cerne de ses lignes très sûres, soucieuse de le donner à voir, dans son apparence sensible et de faire pressentir son architecture secrète.
    Mais, malgré la patiente soumission du peintre au visible, on ne saurait parler ici de réalisme : il ne s'agit pas de proposer ce pistolet ou ce plat comme une forme enlevée passivement sur un fond mais de nous l'imposer comme une apparition dont la seule existence suffit à transformer tout son environnement plastique, tel cet œuf, tout seul, en haut et à gauche du tableau, qui traîne à lui toute la toile, comme une main qui tire une nappe, sans quitter pourtant sa coquille d'inertie.
    Parce qu'elle a choisi de jouer le jeu, de n'utiliser que son pinceau pour rendre la troublante matérialité des choses, Michèle Battut s'efforce - avec succès – d'en manifester l'énergie latente soit en insistant sur la pesanteur d'un pistolet, soit, dans le même tableau et dans une unité contrastée, en communiquant à des œufs une manière d'envol figé comme si, dans cette nature morte, la vie affleurait sourdement la surface des corps.
    C'est ce qui la conduit dans ces dernières toiles à donner à ceux-ci un statut ambigu où l'organique et l'inorganique se pénètrent : cette statue renversée, mutilée est-elle femme ? Cette femme de marbre qui semble se tordre de souffrance est-elle statue ? Ce corps ensorcelé impose sa présence dans la mesure même où il inquiète, où nous ne savons si l'on nous fait les témoins, abruptement, d'une métamorphose en cours ou si la vie hante l'inertie et l'inertie la vie, mélange instable et comme dit Breton de la beauté, « explosant-fixe » et qui dure pourtant.
    II faut suivre avec le plus grand intérêt l'entreprise de Michèle Battut, où se reflètent, s'unissent et parfois se combattent, tous les courants qui, après la tyrannie de l'abstrait cherchent à rendre le monde à la peinture.
    Jean-Paul Sartre
  • La peinture de Michèle Battut tente de capter le plus insaisissable : le paysage du rêve. Même architecture, mêmes couleurs : Et surtout même atmosphère que dans la vision onirique. Tout se passe comme on enfance: on n'est plus que ce qu'on voit. On est là, et en même temps on n'est pas là. On se dit : « C'est donc vrai ? » Et pourtant ça ne l'est pas.
    Car nous le savons bien: la vie, le monde ne ressemblent pas à ça. Seulement voilà : dans les tableaux de Michèle Battut ils ont tout air de l'être. En ne l'étant pas.
    Alors ce tremblement, ce vertige. Et cette nouvelle question :
    comment diable fait-elle, pour nous faire croire au toucher de cette soie, à la colère de ce ciel d'orage, mieux encore, à l'odeur des nuages ?
    Aucune réponse, jamais. Seulement ce curieux vertige. Alors on devient comme ce qu'elle vient de peindre. Fiché soi-même dans la toile, sans savoir pourquoi.
    Irène Frain, écrivain et journaliste, pour le livre « Voyages» Battut,
    Éditions Jean-Pierre Delville
  • Aucune femme ne sait mentir aussi bien que la peinture. C'est l'apparence qui ment sur le fond.
    La peinture de Michèle Battut fait en sorte que le bon public croit à un hyper-réalisme dur et pur. Rien n’est plus trompeur, plus éloigné d'une traduction au mot à mot du monde visible.
    Fausse innocente - je la connais bien! Michèle Battut, ou plutôt ses œuvres, ont un endroit et un envers. C'est cet envers que j’aime. J'aime les ombres, dans cette peinture claire; les ambiguïtés, dans ce qui paraît une calme évidence.
    Une toile de Michèle Battut m’a fasciné. Est-ce une buvette de ville d'eau révolue ? Quelque ancienne station de métro ? Se déploie une marquise immense, telle un pavillon de vieux phonographe, couleur d'aile de libellule ; quelques chaises attendent des fantômes. Malheur aux curistes ; malheur à 1 'imprudent voyageur qui ne reviendra pas.
    Je connais un monsieur qui a fait copier, en mosaïque, au creux de sa piscine, un superbe tapis d'orient. Là où il n ÿ a que trente centimètres d'eau, le dessin oriental est limpide... Dès que l'épaisseur de l'eau atteint deux ou trois mètres, le dessin se brouille en curieuses fantasmagories, des reflets de pierres précieuses jouent à la surface, s’ébauchent des figures hallucinatoires.
    Penchez-vous sur les œuvres de Michèle Battut et laissez monter vers vous, des profondeurs, leurs mystères irrésolus.
    Mac'Avoy
  • L'histoire est faite de paroxysmes successifs. Celui qui marque notre temps, pour passionnant qu'il soit n'en est pas moins redoutable dans toute la mesure où il donne la primauté aux faces sombres de l'homme ; goût de la violence et du monstrueux, goût de tout ce que recèle de trouble ou de bestial l'animal humain.
    Toute une partie de l'art, qui se veut actuelle, en est le reflet et ne cherche que de nouveaux moyens d'agresser, de traumatiser le spectateur.
    Et pourtant l'homme, en ses profondeurs, ne change guère. C'est simplement l'éclairage que chaque époque porte sur lui qui se déplace ou se modifie. S'il y a chez lui le pire, il y a aussi le meilleur.
    Aujourd'hui comme hier, la tendresse, l'émotion devant l'univers qui nous entoure et qui est toujours plein de merveilles à redire autrement, la faculté de sentir et d'aimer subsistent en beaucoup de nos contemporains malgré le conformisme oppressif du moment.
    C'est une grande vertu pour une jeune artiste que de résister aux tentations fort rentables de l'anarchie actuelle. Michèle Battut a le mérite singulier de posséder cette vertu.
    Très simplement, en marge des théories intellectualistes en vigueur, elle tente d'exprimer l'amour émerveillé qu'elle ressent devant le cadre de sa vie.
    Cette humilité attentive, cette tendresse devant les objets les plus humbles, les paysages les plus simples, qui furent celles du bonhomme Chardin, celles du père Corot, celles de tous les analystes émus de notre monde quotidien.
    Sa peinture en témoigne depuis ses premiers pas. C'est la marque d'une nature riche, sensible et qu'il n'est pas si fréquent de rencontrer.
    Ses mains savent déjà traduire son émotion sans la trahir et sa technique en progrès constants, montre des dons de peintre au service d'un œil qui s'affine progressivement. Certes, le danger d'un art sensible est de n'être que cela, mais Michèle Battut, derrière les fleurs candides de ses yeux clairs, cache un caractère déjà très ferme et qui sait apporter à l'esprit de finesse de sa peinture un discret esprit de vigueur lui conférant la solidité d'une géométrie sous-jacente et lui épargnant toute fadeur.
    L’avenir est en grande partie ce qu'on le fait. Il dépend beaucoup de nos choix. Vous avez, chère Michèle Battut, choisi la voie étroite de l'indépendance et de l'authenticité. Puissiez-vous y demeurer fidèle tout au long de votre vie, C'est la seule qui vous conduira à l'expression complète de tout ce que vous portez de précieux en vous.
    Chapelain-Midy
    Artiste Peintre
  • Il faut être poète pour saisir en la réalité ces instants privilégiés dont la qualité nous conduit à la connaissance d’un monde plus authentique que celui qui nous apparaît. Poète et peintre, c’est tenant le fil de rêve que les fées ont mis en sa main que Michèle Battut nous entraîne au fond de la « Caverne » chère Malraux. Autant d’invitations à la découverte à la méditation, autant d’ouvertures sur un monde de rêves et de rêves et de mirages où notre amie trouve en des expressions nouvelles la puissance persuasive de ses créations originales.
    Elle a peint à satiété tout ce que le soleil éclaire ; alors sont apparues les plus belles moissons, les plus beaux fruits du monde.
    Puis elle s’est penchée sur ce que font les hommes et ce fut une autre affaire. Là où tout s’organise se règle s’uniformise ; là où l’ennui naît avec la monotonie, elle a choisi ceux qui éclairent leur vie et leurs actes d’une liberté qu’un grain de folie fertilise, ceux pour qui « Le Réalisme irréel des poètes » cher à Cocteau, devient, échappant au temps et à la raison cartésienne, par une conjugaison heureuse de lignes, de formes et de couleurs un objet, une chose, un visage qu’une passion habite.
    Avec elle nous les suivrons en ces lieux, échos de leurs espoirs ; en ces chemins du crépuscule, en ces déserts, ces plages mortes, nous verrons ces maisons murées que le remords hante, puis nous traverserons ces villes abandonnées aux architectures folles.
    Partout en un climat insolite, Michèle Battut nous les a traduites en des œuvres d’une extrême clarté, au dessin volontaire, qu’une couleur exaltée par la matière anime et vivifie.
    Georges Cheyssial
    Membre de l’Institut
    Président de la Fondation Taylor
  • C'est notre président qui préféra l'exposition de Michèle BATTUT en avril et mai. Les dessins et gravures pleines d'esprit de Claire HENAULT l'accompagnaient. Ceux qui se réjouissent de la mort de la figuration prennent leur désir pour une réalité. Michèle, elle, m'autorisera à la nommer ainsi, qui n'est ni impressionniste ni réaliste, ni conceptuelle, échappe à toutes les modes parce qu'elle ne pourrait pas faire autrement, sauf à se trahir et à satisfaire le goût de certains critiques qui, fort heureusement, n'est pas celui de nombreux amateurs.

    Elle connaît des ciels que Turner aurait reconnus et que nous pensions connaître avant qu'elle n'enrichisse notre mémoire de cette nouvelle version du visible. C'est un grand cadeau que donner à voir, ce n'est pas un objet, c'est une faculté grâce à quoi nous entrons en possession d'une partie ignorée de notre héritage. La poésie n'est que la rédaction la plus rigoureuse de la réalité perçue. Ne cherchez ici rien d'autre, parce qu'il n'y a réellement rien d'autre à chercher.
    Philippe Lejeune - Mai 1993
  • Que de chemin parcouru depuis l'Académie de la Grande Chaumière, l'École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris et son séjour à la Casa Velasquez de Madrid !
    Michèle Battut fait partie de ces peintres pour lesquels l'acte de peindre est avant tout un art de vivre. Grande voyageuse, elle parcourt le monde avec passion et trouve ainsi dans ses voyages de nouvelles inspirations. Elle a été nommée Peintre officiel de la Marine par le Ministre de la Défense et a le privilège d'embarquer sur des bâtiments de la Flotte et de pouvoir parcourir le monde à la recherche de nouvelles images et de nouvelles émotions.
    Sa recherche picturale l'a conduite à représenter sur la toile des paysages rencontrés mais sublimés grâce à son imaginaire. Ainsi, ses œuvres représentent des espaces qui semblent illimités et grâce à son talent sont devenus intemporels. Pour Michèle Battut la rigueur du travail de peintre ne doit pas pour autant faire oublier la poésie et l'émotion ressentie face à un motif elle aime travailler des toiles en grand format, et exprimer au plus près la sensibilité et la beauté d'un lieu. Ce qui intéresse aussi Michèle Battut, c'est ce qui se cache derrière l'image entrevue: traquer l'invisible et ses secrets, proposer aux « regardants » une scène où leur imagination peut créer une histoire en un lieu de tous les possibles. C'est peut-être pour cela qu'elle affectionne particulièrement le ciel et la mer, toujours immuables mais pourtant sans cesse renouvelés.
    Patrice de la Perrière – Mars 2019